Coucou !
Pas vraiment parce qu’en 2009, lorsque je suis arrivé pour la première fois en Suisse romande, à la Ferme du Centre Social et Curatif de St. Barthélémy, j’avais déjà commencé un blog en italien, ma langue maternelle, pour tenir au courant ma famille et mes amis au Tessin sur mon quotidien dans les campagnes vaudoises.
Pour celleux qui ne me connaissent pas : je suis Andrea Coduri, un enfant un peu folle qui a grandi sous le soleil et les montagnes de Biasca au Tessin. Après un divorce (de mes parents) quand j’avais 11 ans et la découverte de ma follitude, queerness et homosexualité à 14 ans, j’ai mélangé mon intérêt pour la science avec ma passion pour la spiritualité en finissant mon Gymnase avec des options en psychologie et biologie/chimie ainsi qu’en redécouvrant la religion catholique de laquelle je m’étais éloignée à mon adolescence puisque c’était la seule partie de ma vie qui m’empêchait d’être entièrement moi même.

En venant étudier la psychologie et les sciences sociales à l’Université de Lausanne en 2010, j’ai découvert grâce à ma future collègue Florence Clerc Aegerter qu’une autre voie était possible : la voie réformée. C’est comme ça que ma foi a évolué (comme un Pokémon) de catholique a réformée, tout en finissant un bachelor ès sciences en psychologie et mineure en sociologie avec une année d’échange à l’Université de Montréal. Cette année spéciale m’a fait connaître des féministes chrétiennes et m’a motivé à faire un Master en Études Genre que j’ai terminé en 2016.

Mon histoire ne pourrait se résumer en quelques pages, et en relisant mon ancien blog, je me rends compte que ce que j’y raconte est très touchant : l’évolution de ma foi, de ma personnalité, de mes idées. Certaines choses n’ont pas changé, d’autres ont tellement évolué ! Ce qui est sûr, c’est que le militantisme a été très tôt installé en moi. Pendant le Gymnase, je faisais déjà partie d’associations qui organisaient des activités « autogérées » chaque année, et d’associations communautaires queer qui soutenaient les personnes victimes du virus VIH/SIDA. À l’Université, j’ai fait partie de l’Association des Étudiant·e·s en Sciences Sociales et Politiques, du Conseil de Faculté (parlement de la Faculté), du Conseil de l’Université (parlement universitaire) et de l’association PlanQueer.

Un des plus grands souvenirs que j’ai du Gymnase, c’est cet été où on avait invité une personne vivant avec le VIH aux journées autogérées et que je l’avais accompagné au repas de midi. À cette époque, une personne avec l’infection au virus était encore mal vue, et avec ma mentalité chrétienne, militante et opposante à ce que la société pense, j’ai été manger avec lui à midi et je lui ai offert de l’eau depuis ma bouteille. Je ne savais pas si c’était un risque pour le VIH (j’étais très ignorant), mais je l’ai fait parce que c’était la chose juste à faire. Ça m’a semblé une action énorme, alors que ce n’était que de la pure gentillesse et selflesness.

Retournons en 2016, après le traumatisme de mon retour en Suisse à la suite de l’échange à Montréal, où j’ai connu des personnes fantastiques, des théologiens catholiques progressistes, des théologiennes féministes, des journalistes jésuites queer et des amis pour la vie, j’ai commencé à travailler pour la ville d’Yverdon-les-Bains, au service Jeunesse et Cohésion Sociale comme stagiaire à 2000 fr par mois (oui, juste après l’université c’est possible de vivre avec si peu). Grâce à ma collègue et responsable Jelena, j’ai appris l’importance de la formation continue. Elle était une personne spéciale : formée en business, elle a voulu travailler un moment dans le travail social pour découvrir un autre monde de travail. Et c’était pour moi incroyable de voir comment elle y mettait l’âme, malgré le fait que le travail c’était pas son travail de rêve. Avec elle, en une année, j’ai fait plus de formations que jamais dans ma carrière : une formation à la gestion d’équipe et à la gestion de projets ; un voyage en Roumanie avec ERASMUS+ et les jeunes du Conseil de Jeunes ; un voyage en Bulgarie à Varna avec les jeunes et un autre groupe européen du Conseil de l’Europe ; et une formation à l’argumentation, au courage civique et à la gestion des conflits.

Cela semble incroyable, mais c’est grâce à ces personnes-ressource que j’ai réussi à dépasser les difficultés et les gatekeepers qui m’empêchaient souvent d’accéder à certains postes. Grâce à ma passion pour l’informatique (qui venait de mon père) et au besoin de payer mes factures, j’avais commencé à travailler pour le Centre Informatique de l’UNIL, le responsable qui m’avait engagé, Patrice, m’a conseillé lors de l’ouverture d’un poste technique pour un Congrès de Recherches Féministes Francophones. Tout a commencé en 2012, où lors de ce congrès j’ai rencontré plusieurs professeures féministes en études genre, et notamment Hélène, Patricia, Marta, Nicky, Fassa, Cingi, Marie-Jeanne, Laura, Vanessa, Natalie, et j’en passe… Mais je me souviens surtout d’Amel, qui m’a pris sous son aile et qui m’a aidé à trouver un appartement à Montréal, en me sous-louant sa chambre. Grâce à elle j’ai pu connaitre Marie-Andrée et Michel, qui m’ont présenté Marco et Philippe, qui est devenu un de mes meilleurs amis pour la vie ! Grâce à PlanQueer, j’ai rencontré David, mon meilleur ami. Grâce à l’Église inclusive j’ai rencontré Thibault, mon deuxième meilleur ami. C’est incroyable comment les rencontres shape, donnent forme à ma vie. C’est grâce à ce premier job dans un Congrès féministe que j’en ai eu un deuxième lors d’un Congrès de Sciences Politiques, où j’ai pu connaitre Olivier, Huguette, et plein d’autres belles personnes !

Mais pour revenir en 2016, à la fin de mes études, c’est Julien, un collègue de l’AESSP, qui m’a parlé de ce poste à la ville d’Yverdon-les-Bains. Ensuite, c’est grâce à une formation de Amnesty International que j’ai connu Sarah, qui est devenue ma colocataire et qui m’a parlé d’un travail à Fleur de Pavé, dans laquelle j’ai travaillé pendant 2 ans. C’est avec Fleur de Pavé que je suis entré en contact avec ASTREE, et mes fabuleuses collègues Aurora, Marie, Angela, Anne et tant d’autres ! En 2020 j’ai finalement trouvé un job comme éducateurice (oui, j’ai découvert ma non-binarité entretemps) au Foyer Relais à Morges et depuis 2018, avec ma collègue Liliane, nous avons mis sur pieds le Groupe Église Inclusive et son groupe de parole À Bras Ouverts. C’est grâce à Joan, Yvan, Laurent et tant d’autres que j’ai pu m’insérer dans ce monde qui me fascinait depuis si longtemps et que j’ai pu enfin suivre ma vocation pour devenir, qui sait, un jour, diacre.

Me voilà maintenant au début de ma formation diaconale. Je dois l’admettre, il est très très dur pour moi de commencer une formation de ce type et dans ce contexte. En effet, vous êtes pas sans savoir que les Églises ne sont pas parfaites. Personne s’attend à qu’elles le soient. Cependant, notre code éthique et moral est un tantinet plus exigeant que le code des obligations, le code pénal ou la constitution suisse. Il nous impose le service du message chrétien, l’imitation du Christ, une tolérance zéro envers les abus. Et ce n’est toujours pas le cas à 100%.
C’est pourquoi j’ai décidé de commencer ce blog. Pour survivre, j’ai besoin d’écrire. Il y aura des textes de pure invention, totalement fictifs et absurdes. Il y aura des partie sous format plus « journal intime ». Je sais que plusieurs personnes, en lisant, ne comprendront pas, d’autres comprendront trop. Mais si je veux survivre cette année, il me faut raconter ces histoires. Il faut qu’elles sortent de mon coeur et que je les dépose, parce que c’est trop lourd de les garder en moi. Voilà pourquoi j’ai choisi ce système d’expression artistique. Depuis que j’ai 15 ans j’écris des textes, et cette écriture m’aide énormément à me sentir mieux, alors, je profite de cette occasion pour recommencer, en espérant que cette paix intérieure m’accompagne le long de cette année particulière.
Bonne lecture à vous !
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